Entreprises

Les arrêts maladie de longue durée

Définition

Outre les coûts humains et financiers pour l’entreprise, plus un arrêt maladie est long, plus la reprise du travail est difficile pour le salarié concerné. Promouvoir les bonnes pratiques de santé, accompagner la reprise de l’emploi et prévenir l’éloignement prolongé du milieu professionnel constituent un enjeu majeur pour les entreprises.

"Un accompagnement du collaborateur au cours de l’arrêt de travail permet d’améliorer la possibilité d’une reprise du travail en identifiant les freins non médicaux à la reprise."
Anne-Sophie Godon, Directrice de l’Innovation, études et veille Malakoff Médéric


Les arrêts supérieurs à 6 mois représentent 2 % du nombre d’arrêts de travail, mais près de 30 % du total des jours d’absence, constituant un coût important pour les entreprises.

Source : Etude absentéisme maladie - Malakoff Médéric -2014


30 % des malades d’un cancer perdent leur emploi dans les 2 ans.

Source : Rapport 2014 de l’Observatoire sociétal des cancers - Ligue Nationale contre le cancer


64 % des salariés sont intéressés par des services visant à "être accompagné en cas d’arrêt maladie pour faciliter le retour au travail" (+ 5 points par rapport à 2013).

50 % des salariés sont intéressés par des services visant à "un meilleur dépistage des maladies graves ou des facteurs de risque" (+ 6 points par rapport à 2013).

Source : Baromètre santé et bien-être au travail 2014 – Malakoff Médéric


Les 5 pathologies à l’origine des arrêts longs

Cinq catégories principales de pathologies expliquent 85 % des arrêts maladie de 6 mois et plus (source CNAMTS) :

  • Maladies ostéo-articulaires (29 % des indemnités journalières)
  • Troubles mentaux (25 %)
  • Tumeurs (14 %)
  • Traumatismes (9 %)
  • Pathologies de l’appareil circulatoire


Les enjeux des arrêts de longue durée

Une reprise du travail difficile pour le salarié :

Un arrêt de travail de longue durée provoque une rupture professionnelle : plus l’absence est longue, moins il est probable que le salarié reprenne son poste. Une fois les raisons médicales levées, les freins à la reprise du travail sont la perte du lien social et professionnel.

  • Lombalgie  : après 12 semaines d’arrêt de travail, moins de 60 % des salariés reprennent leur travail. Source : Compte rendu d’activité 2010 - Assurance maladie - Risques professionnels
  • Dépression : probabilité de retour à l’emploi estimée à 20 %. Source canadienne : étude Back to work, avril 2004
  • Cancer  : 30 % des malades d’un cancer perdent leur emploi dans les 2 ans selon un rapport de l’Observatoire sociétal des cancers. Source : Ligue Nationale contre le cancer


Un impact lourd pour l’entreprise

"Au Canada et en Allemagne, les entreprises agissent pour préserver le lien professionnel pendant la durée de l’absence et anticiper la reprise du travail dans les meilleures conditions."
Anne-Sophie Godon, Directrice de l’Innovation, études et veille Malakoff Médéric

Les absences longues ont un impact financier, social, humain et organisationnel particulièrement lourd pour l’entreprise. La prévention de la désinsertion professionnelle dans le cadre d’un arrêt de travail repose sur 3 actions majeures :

  • Agir au plus tôt pour éviter l’éloignement du milieu professionnel,
  • Considérer les facteurs autres que l’état de santé faisant obstacle au retour (environnement de travail, précarisation, éloignement social, etc.),
  • Mettre en place les conditions d’un retour durable à l’emploi.


Les facteurs de risque

En dehors des facteurs génétiques et des facteurs de risques professionnels, les comportements de vie jouent un rôle important dans la survenance de ces pathologies.

Facteurs liés aux maladies cardiovasculaires et aux troubles du métabolisme :

  • Dyslipidémie (concentration de lipides dans le sang)
  • Obésité
  • Consommation de tabac
  • Consommation d’alcool
  • Sédentarité
  • Alimentation trop grasse ou trop sucrée
  • Troubles du sommeil
  • Stress

Facteurs liés aux troubles musculo-squelettiques :

  • Surpoids
  • Stress
  • Sédentarité

Facteurs liés aux maladies psychiatriques :

  • Alcool
  • Troubles du sommeil
  • Stress

Selon les experts, près d’un tiers des facteurs déterminant la santé d’une personne est non modifiable : facteurs génétiques et contexte d’accès aux soins. En revanche, il est possible d’agir sur les autres déterminants :

  • Comportements de santé et hygiène de vie (50 % des facteurs).
  • Environnement (20 % des facteurs) et contexte du travail.


Agir pour prévenir les arrêts longs

Une approche pluridisciplinaire

Quelle que soit la pathologie, des facteurs multiples et combinés sont à l’origine de la prolongation de l’arrêt : état de santé, perte de confiance, diminution des capacités fonctionnelles, difficultés administratives et/ou financières.

L’entreprise est un territoire privilégié pour prévenir les risques de santé. Les actions permettent de créer une émulation collective. Le taux de participation aux programmes de prévention est souvent plus important que dans d’autres environnements.


Les champs d’actions

La promotion des bonnes pratiques de santé et l’amélioration de la qualité de vie au travail (organisation, conditions de travail, pratiques managériales) sont des axes majeurs de la prévention des arrêts de travail de longue durée.

  • Promouvoir les bonnes pratiques de santé (alimentation, sommeil, sport, etc.) et mettre en place des programmes de dépistage des facteurs de risque.
  • Accompagner les salariés atteints de maladies chroniques pour réduire la survenance de complications.
  • Aider à la reprise du travail après un arrêt de longue durée dans les meilleurs délais et conditions.


Bonnes pratiques et dépistage : répondre aux attentes des salariés

Le baromètre 2014 Santé et Bien-être au travail montre la forte attente des salariés vis-à-vis de l’entreprise pour bénéficier de services liés à la santé.

En 2014, trois services connaissent une nette progression d’intérêt de la part des salariés : être accompagné pour faciliter le retour au travail après un arrêt maladie, être mieux dépisté sur les maladies graves ou facteurs de risque, et recevoir une aide psychologique en cas de coup dur.

La promotion des bonnes pratiques de santé peut s’inscrire dans différents programmes : animations, journées d’information thématique, défis (nutrition, activité physique, sommeil), activité physique en milieu professionnel, challenges sportifs intra ou inter-entreprises, programmes web d’informations et de e-learning, etc.


Arrêts de longue durée : ce qu’il faut retenir

  • Les arrêts maladie de longue durée pèsent fortement dans les dépenses des entreprises et de l’Assurance maladie.
  • La reprise du travail est difficile après un arrêt de plus de 6 mois.
  • L’entreprise est légitime pour proposer des services de dépistage et de promotion de la santé. Elle doit accompagner le salarié et favoriser la reprise du travail après un arrêt de longue durée.
  • On estime que le taux de réussite d’une mission d’accompagnement est supérieur à 50 %. Source : expérimentations de Malakoff Médéric et dans d’autres pays