Entreprises

Les facteurs d’absentéisme

Avis d’expert : Anne-Sophie Godon, Directrice Innovation, études et veille Malakoff Médéric, mars 2015.


"Pas un absentéisme mais des absentéismes"

En croisant les données issues de nos différentes études, nous avons élaboré une typologie des salariés (groupe ayant des caractéristiques similaires) face à l’absence.

Typologie des salariés face à l’absence - Source : Baromètre annuel Malakoff Médéric " Santé et bien-être au travail"


Ainsi, 36 % des salariés ont eu au moins un arrêt maladie dans l’année. Bien que n’ayant pas connu d’arrêt maladie, 18 % ont été dans l’impossibilité (au moins une fois) de venir travailler sans que cela génère un arrêt maladie. Enfin, 44 % n’ont connu aucune forme d’arrêt.

Quand on regarde plus finement chacune de ces catégories, on aboutit à la typologie suivante :

  • Salariés absents pour maladie (36 %) : 14 % des salariés sont arrêtés au moins une fois dans l’année suite à un accident (chute de ski, accident domestique, opération médicale, etc.) et 22 % sont arrêtés pour des motifs physiques ou psychiques.
  • Salariés absents en raison d’événements imprévus (18 %) : la moitié, soit 9 % des salariés, présente des signes de fragilité : moindre confiance en l’avenir, difficultés personnelles importantes avec un impact sur le stress perçu.
  • Les salariés présents (44 %) n’ayant connu aucun arrêt de travail sont un peu moins d’un quart. Parmi eux, 9 % peuvent être qualifiés de "présentéistes*" c’est-à-dire présents au travail malgré des problèmes de santé physique ou psychique limitant la capacité productive (*Définition Arronsson - ANACT).


Une conjugaison de plusieurs facteurs de risque

Chaque profil de salarié est le résultat de parcours professionnels et personnels souvent complexes.

Prenons l’exemple des 5 % de salariés atteints de maladies chroniques ou graves. Ils représentent 36 % du nombre de jours d’arrêt maladie, une durée d’arrêt de 98 jours en moyenne et 17 % d’entre eux ont eu un accident du travail dans les 12 derniers mois :

  • Sur-représentation des ouvriers, ainsi que des plus de 40 ans.
  • Près de la moitié déclarent un handicap (54 % contre 6 % pour la moyenne des salariés) ou une maladie chronique (80 % contre 20 %).
  • Exposition importante à la pénibilité physique et psychique dans le travail.
  • Inquiétude prononcée sur leur état de santé et leur situation personnelle, mais aussi sur leur capacité à se maintenir dans leur travail, notamment dans un contexte d’allongement de la vie professionnelle. Plus isolés que la moyenne, ils affichent un état psychologique fragile.
  • Faible satisfaction au travail (69 % contre 78 %) et forte pression psychologique, mais un regard positif porté sur l’entreprise, perçue comme attentive au bien-être et à la sécurité.
  • Expression de fortes attentes de soutien, sous forme de services, de la part de l’entreprise pour améliorer leur santé et leur bien-être.

Cet exemple renforce l’idée que seule une prise en charge globale du salarié et de ses facteurs de risque permettra un retour au travail (ou à un travail) et une amélioration de sa qualité de vie.